I. Le bassin parisien à la Préhistoire

 2721597_7c71e72e-a3bf-11e2-a7a8-00151780182c_545x460_autocrop

© leparisien.fr

Paris fut à l’origine une vaste plaine au passage d’un fleuve, la Seine, qui dans sa préhistoire occupait plusieurs kilomètres de largeur. Celui-ci s’étendait jusqu’au pied des collines nord de Chaillot, Montmartre et Belleville (d’ouest en est). De cet empiètement auquel on identifie la Seine préhistorique (entre le Paléolithique et le Néolithique, soit entre 3 millions et 6 500 ans av. J.-C.), il résulta après son retrait une vaste zone de marécages de la rive droite jusqu’à Montmartre, d’où émergeaient des monceaux de terre cultivables. La Seine garda depuis son tracé actuel est-ouest et le petit affluent de la Bièvre.

Avec la montagne Sainte-Geneviève et la Butte aux Cailles au Sud, la Seine est ainsi encadrée de collines entre 70 et 130 m de haut et de vallées plus ou moins étroites comme les cols de Monceau et de La Chapelle. Le bassin parisien est un lieu de confluence naturelle, au climat tempéré et environné de forêts.

Enfin au centre de ce bassin, la Seine se sépare en deux bras formant de petites îles que sont l’île Louviers (rattachée à la rive droite en 1848), l’île aux Vaches et l’île Notre-Dame (unifiées en 1614 pour devenir l’île Saint-Louis), et l’emblématique île de la Cité, futur foyer de l’urbanisation parisienne.

Les vallées alluviales bénéficient d’un sous-sol constitué d’argile, de calcaire, de sable et de gypse, soit des matériaux fort utiles aux constructions. Entre 1991 et 1996, les fouilles successives de Bercy puis de la rue Henri-Farman dans le XVe en 2006, ont permis de mettre au jour de premières occupations remontant au Néolithique (entre 4500 à 3600 av. J.-C.) et même au Mésolithique (probablement entre 8200 à 7500 av. J.-C.).

Il s’agissait, pour les plus anciennes trouvailles, d’un campement de nomades correspondant à l’apparition des forêts tempérées (pins, noisetiers, chênes). Les outils caractéristiques retrouvés sur le site sont généralement liés à l’arc (petits silex pointus ou tranchants, armatures microlithiques constituant la pointe des flèches), utilisé pour la chasse des sangliers, cerfs, chevreuils et aurochs. On retrouva également des grattoirs et des lames destinées au travail des peaux et découpages de boucherie, attestant d’un traitement et d’une consommation sur place. Viennent conforter dans cette idée la présence de foyers et de restes de repas.

mandibule_c_denis_gliksman_inrap_0
© Musée Carnavalet

C’est au Néolithique que les populations se sédentarisent et s’organisent autour des îles et des berges de la Seine. Cette présence est attestée à travers le Bronze ancien (3500-1500 av. J.-C.) jusqu’au premier âge du fer (800-500 av. J.-C.). Les fouilles ont ainsi démontré la présence de céramique, d’animaux et de fragments de haches polies. On en déduit que les berges de la Seine devaient être un lieu propice à l’approvisionnement en eau, en nourriture (poissons, coquillages mais aussi loutres, castors et tortues d’eau) et en matières premières.

Les traces d’activité agricole ont elles été retrouvées sur le site du Grand Louvre (cour Napoléon et place du Carroussel) en 1989-1990, révélant la présence d’un ancien monceau en bordure du fleuve. En effet, on atteste d’une flore sauvage extrêmement riche, soit environ 70 espèces consommables ou utilisables à des fins artisanales.

Le premier village de Paris a quant à lui été retrouvé sur le site de Bercy en 1991-1992. Il se situait au sommet de la berge d’un ancien bras de la Seine, antérieur à son lit actuel. Les vestiges (poteries, outils de chasse et de pêche ainsi que des pirogues) sont aujourd’hui exposés au musée Carnavalet.

La période la mieux représentée par ces fouilles est sans nul doute la période chasséenne (4200-3500 av. J.-C.). Un groupe de maisons, les traces de trois bâtiments, d’une palissade autour des maisons et longeant la rivière ont pu ainsi être conservés sous 3 m de limon des crues de la Seine.

c5b2f3c12f_Paris-premier-occupant_Inrap
© Denis Gliksman, Inrap

C’est donc une population rurale, développant l’élevage de bœufs, porcs et moutons ainsi que l’agriculture dans les plaines alluviales (comme en atteste la découverte de grains de blé et d’orge) et important au besoin de la roche dure des Alpes occidentales pour la fabrication de haches, qui compose les premiers peuples parisiens installés sur l’île de la Cité et ses environs.

Les artisanats textile et céramique se développent également, hérités aujourd’hui sous la forme de plusieurs centaines de milliers de tessons variés : pots à cuire, jarres de stockage, bouteilles à anses, assiettes et écuelles, coupes à socle et plats à pains… Les dents, bois et os d’animaux, les schistes polis, vertèbres de poissons et coquillages étaient aussi utilisés pour la confection d’objets quotidiens et parures, voire de premières représentations humaines (sans tête) typiques de l’époque chasséenne.

970d77cb01_05_-Statuette-Neo-complet_Inrap
© Dominique Bossut, Inrap

Les âges du Bronze et du fer, dont la transition se situe entre 700 et 400 av. J.-C., furent également représentés sur le site de Bercy via la présence de nombreux objets en bronze, des outils et une barre-lingot en étain.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s