[Dédicace BD] CUMBE, voyage au coeur du Brésil colonial

Dédicace CUMBE
© ÇÀ ET LÀ / Marcelo D’Salete

Demain 24 mars dès 17h, la librairie SUPER-HEROS poursuit son cycle de dédicace avec une nouvelle BD signée Marcelo D’Salete.

Ce troisième livre composé par l’auteur prend place dans le Brésil colonial du 17e siècle. Les communautés d’esclaves révoltés, les quilombos, ou cumbe, y font face à leurs tortionnaires à travers quatre nouvelles tirées de faits historiques.

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© ÇÀ ET LÀ / Marcelo D’Salete

C’est aux éditions ÇÀ ET LÀ. Et la librairie SUPER-HEROS est toujours au 175, rue Saint-Martin 75003 PARIS !

Assurément, à s’y plonger !

P.S. : en cadeau, un bel ex-libris à collectionner 😉

L’avis de Canal BD.

[Dédicace BD] CUMBE, voyage au coeur du Brésil colonial

La voix de la Raison by Montesquieu

Montesquieu

En des temps si troublés, il est des paroles qu’il faut entendre. Ici un extrait de la préface de L’Esprit des Lois (1748) de Montesquieu, dont on ne présente plus le rôle fondateur dans le mouvement des Lumières.

Temps d’ouverture au sortir des siècles obscurs. Moment de clarté dans le désespoir de la raison.

 

« J’ai d’abord examiné les hommes, et j’ai cru que, dans cette infinie diversité de lois et de moeurs, ils n’étaient pas uniquement conduits par leurs fantaisies.
J’ai posé les principes, et j’ai vu les cas particuliers s’y plier comme d’eux-mêmes, les histoires de toutes les nations n’en être que les suites, et chaque loi particulière liée avec une autre loi, ou dépendre d’une autre plus générale.
Quand j’ai été rappelé à l’antiquité, j’ai cherché à en prendre l’esprit, pour ne pas regarder comme semblables des cas réellement différents, et ne pas manquer les  différences de ceux qui paraissent semblables.
Je n’ai point tiré mes principes de mes préjugés, mais de la nature des choses. »

La voix de la Raison by Montesquieu

Dédicace BD du Capitaine Mulet : le Moyen-Âge pour les intimes !

Capitaine Mulet couv
© Editions 2024

Demain 17 mars dès 17h, on fête la sortie de la bd « Capitaine Mulet », pépite de fantaisie inspirée d’un Moyen-Âge haut en couleur ! L’auteure Sophie Guerrive sera présente pour une séance de dédicace à la librairie Super-Héros !

Soyez présents au 175, rue Saint-Martin dans le 3e, et profitez-en avec nous !

Capitaine Mulet planche
© Editions 2024

 

Pour fêter la sortie de la

Dédicace BD du Capitaine Mulet : le Moyen-Âge pour les intimes !

Les invasions normandes et la fin des Carolingiens

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Les invasions normandes du IXe et Xe siècles. Source : Le Point

A partir de 820, la série d’invasions des peuples Normands, venus des pays scandinaves, commence aux embouchures de la Seine. Néanmoins, c’est après le règne de Louis Le Pieux (840) qu’ils arrivent sur Paris via le fleuve, vers 845, ravageant les environs pour tenter de prendre la capitale. La rive gauche voit ainsi ses églises, ses abbayes et ses terres pillées vers 856-857. L’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, elle, est détruite et incendiée en 861.

Le 24 novembre 885, 40 000 Normands et 700 vaisseaux commandés par Siegfried sont aux portes de l’île de la Cité de nouveau faite forteresse. Les Parisiens eux, ont à leur tête l’évêque Gozlin, abbé de Saint-Germain-des-Prés, et Eudes, le comte de Paris, fils de Robert le Fort.

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Eudes, Roi des Francs (888-898). Source : Larousse

L’évêque refuse le passage aux vikings vers l’amont du fleuve. Le siège s’installe et dure deux ans en huit assauts successifs (dont l’héroïque épisode dit du Petit-Pont, le 6 février 886). Finalement, les envahisseurs sont forcés de lever le siège, en novembre 886.

Nous devons les détails de ces batailles au récit d’Abbon, un moine de Saint-Germain-des-Prés. L’île résiste vaillamment, mais les rives sont dévastées. Des tours ont été construites sur les ponts pour assurer la défense du bastion. Le bourg de Saint-Germain-de-l’Auxerrois réussit à être préservé par l’extension des murailles.

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Le Siège de Paris par les Normands, par Félix Thorigny (1824-1870). Source : univ-provence

En 887, le roi Charles III le Gros est déconsidéré, ayant capitulé devant l’envahisseur. Il meurt l’année suivante. Le prestige de la ville redoré, celle-ci revient sur le devant de la scène. Eudes est alors élu roi par les grands du Royaume.

Toutefois, les descendants Carolingiens acceptent mal l’ascendance du comte de Paris. Sacré en 893, Charles III le Simple (fils posthume de Louis II le Bègue) ne parviendra réellement à régner qu’à la mort de celui-ci en 898.

Louis IV d’Outremer lui succède en 936 alors que les différends dynastiques couvent mais ne semblent donner suite. Le pouvoir est revenu aux Carolingiens, mais le sort semble s’acharner sur eux alors qu’un terrible orage ravage Paris.

Le nom de Louis d’Outremer est aussi associé à la première apparition de la Peste, dit alors « le mal des ardents ».

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Louis IV d’Outremer (936-954). Source : Alex Bernardini

Pendant ce temps-là, la ville en elle-même a peu bougé : l’île contient le Palais du Roi, l’ancienne cathédrale Notre-Dame et la maison de l’évêque, des tours et des murailles, deux ponts en bois – le Grand Pont au Nord, le Petit au Sud…

Les invasions normandes et la fin des Carolingiens

Une petite histoire du Sentier

Rues du Caire et d'Aboukir ©Cparama
Rues du Caire et d’Aboukir ©Cparama

Le Sentier est à cheval entre les quartiers du Mail et de Bonne-Nouvelle. Ce dernier est le plus petit et le plus populaire du 2e arrondissement – lui-même le plus petit arrondissement de Paris. Le quartier Bonne-Nouvelle fait 28 hectares circonscris entre le boulevard Sébastopol, la rue Etienne-Marcel, l’axe des rues Montorgueil-Poissonnière ainsi que le boulevard de Bonne-Nouvelle.

Au début du XXe siècle, on y recensait près de 30 000 habitants, soit la plus forte densité de population parisienne. Cette densité est due à une forte offre d’emploi sur place, attirant de nombreux ouvriers qui s’entassaient dans un habitat étroit.

De nombreuses rues et passages furent construits sur des terrains ayant autrefois appartenu à des couvents et confisqués en 1789 sous la Révolution. Un exemple fameux est celui du passage du Caire, jadis les jardins des Filles-Dieu. Le couvent avait été fondé par Saint-Louis en 1226 (date du début de son règne) et abritait une « cour des miracles » : les sœurs l’abandonnaient en effet aux pauvres, aux mendiants, aux exclus.

On peut délimiter son ancien emplacement entre les actuelles rues de Damiette et des Forges. Une fois l’enceinte Charles V – construite à partir de 1357 sous l’impulsion d’Etienne Marcel – détruite en 1634, on perça les rues d’Aboukir et de Cléry. Le lieutenant-général de police, Nicolas de La Reynie, reçut alors de Louis XIV l’ordre de « vider l’endroit de tous ses mendiants, voleurs et assassins ».

La butte Bonne-Nouvelle, au nord, était au départ appelée la « butte au moulins », ou la « butte aux gravois », car on la considérait formée par les immondices déposées par les Parisiens depuis le Moyen-Âge. Sa forme actuelle date du XVIIe siècle et conserve encore la plupart de ses vieilles maisons si caractéristiques, ainsi que l’église Notre-Dame de Bonne-Nouvelle. Cette dernière fut maintes fois reconstruites, entre 1563 (la première chapelle, détruite en 1591 avec les maisons de la butte lors du siège de Paris par Henri IV), 1628 où la première pierre d’une nouvelle église fut posée par Anne d’Autriche, femme de Louis XIII, et 1823.

Enfin, l’axe des rues Poissonnière, des Petits-Carreaux et Montorgueil est celui, naturellement, du chemin des Halles et des vendeurs des Quatre Saisons.

Quant au Sentier, cœur trépidant d’un quartier de Paris ‘sans eau, sans gaz et sans électricité’ (Jacques Prévert), celui encore « des marchands de quatre saisons, des crieurs de journaux, des commis et des cousettes […] celui des concierges sans âge, des médecins des pauvres, des prêtres dévoués […] des cages d’escaliers ténébreuses et poussiéreuses, des couloirs humides, des voûtes écrasante » (Meryam Khouya), il s’est développé vers le milieu du XIXe siècle, à partir de la rue du Sentier et des rues adjacentes.

Ce furent les fabricants de tissus venus d’Alsace (d’où la rue de Mulhouse), du Nord et de la Normandie qui lui donnèrent son impulsion en y installant leurs marchandises et leurs fabriques. Plus à l’est en revanche, vers la rue du Caire, on retrouvait les petites mains occupées dans les ateliers de confection.

C’est donc une belle complémentarité qui donna son ton singulier et une relative autonomie au Sentier durant de longues années, survivant encore malgré la disparition des petits métiers. Sa continuité dans le quartier du Mail fait part, quant à elle, d’une tradition plus ancienne de deux ou trois siècles.

« La palette de ses activités commerciales il y a un siècle se lit sur les photographies. Rue des Jeûneurs se trouvaient des fabricants de dentelles, de paillettes, de boucles, d’agrafes, de boutons de chapeaux de paille, de plumes, de cravates, de doublures, de faux-cols, de draps, de foulards, de layettes, de tulles perlées, de devants de chemises, de chenilles (passements de soie veloutée), d’étoffes pour ameublement, de ‘brodé à la main’, de ruches (bandes plissées de tulle ou de toile) au voisinage des marchands de satin de Chine et d’alpaga, de corsets, de boucles, de draps… Dédale de voies étroites ponctuées d’enseignes agressives, le Sentier s’est vu reprocher son manque de goût et ses extravagances. Mais c’est ce qui fait tout son charme, dans une étonnante cohabitation du passé et de l’avenir. Ce souk effervescent qui s’étend autour de la place du Caire est un modèle unique à Paris… et au monde ! »

Meryam Khouya, « Mémoires des rues Paris 2e arrondissement 1900-1940 »

Collection "Mémoire des rues" ©Parigramme
Collection « Mémoire des rues » ©Parigramme
Une petite histoire du Sentier

La maison Sajou : déjà dix ans de résurrection de la broderie française

La mercerie Sajou, Rue du Caire
La mercerie Sajou, Rue du Caire

Cette année, cela faisait dix ans que Frédérique Crestin-Billet relançait la marque Sajou, du notable parisien Jacques Simon Sajou, né le 25 mai 1805 (à Sens). Il fut le premier à se consacrer entièrement à la publication de dessins de broderie. Il travailla notamment à de nouvelles méthodes d’impression, élaborant de nouvelles présentations et collaborant à la publication du Conseiller des Dames ou du Moniteur des Dames et des Demoiselles. Il participera ainsi activement de la promotion de la broderie française, à des coûts raisonnables alors que les modèles d’importation allemands (à l’aquarelle) restaient relativement hors-de-prix.

Capitaine de la Garde Nationale (décoré de la légion d’honneur en 1848) et maire adjoint du XIIIe arrondissement où il possédait une fabrique, rue des Anglaises, Jacques Sajou était présent lors de plusieurs comités de grandes expositions de l’époque et l’un des membres fondateurs de l’Union Centrale des Beaux-Arts Appliqués à l’Industrie. Il était aussi connu pour ses nombreuses oeuvres de philanthropie.

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Jacques Simon Sajou, Source : Ouvrage de Dames

M. Sajou se désengage des affaires en 1864, laisse sa maison à son beau-frère, Claude Marie Cabin, et après plus de trente ans où la maison Sajou demeura rue Rambuteau, elle déménage en 1882 au 74 boulevard Sébastopol. En 1885, ce sont le fils et le gendre (Georges Lefèvre) de Claude Cabin qui dirigent l’affaire.

Après le passage aux mains de l’ancien militaire Emmanuel Anglard (et gendre de Georges Lefèvre) en 1902, celui-ci se trouve primé aux expositions de Milan, Bruxelles, Londres, Gand entre 1906 et 1913. Néanmoins, en 1934, la maison Sajou déménage au 53, rue La Boétie (VIIIe arrondissement) et finit par disparaître en 1954…

C’était sans compter sur une reprise inespérée du flambeau par Frédérique Crestin-Billet en novembre 2004, après 50 de silence. Auteure de déjà plusieurs ouvrages sur la mercerie, passionnée, elle décide de faire revivre le patrimoine. Le site internet Sajou est lancé le 25 mai 2005 (soit jour pour jour et sans le savoir, 200 ans après la naissance de Jacques Simon Sajou) !

Site marchand pionnier dans le genre, depuis dix ans, la marque propose des produits pleins du charme désuet du métier du XIXe et du XXe siècle naissant, de première qualité, à des prix abordables et 100% faits en France (là aussi, la démarche fut pionnière à l’époque de son lancement).

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A la disposition des particuliers comme des professionnels, disposant de deux boutiques, à Versailles et dans le Sentier de Paris, la Maison Sajou propose des rééditions des petits albums de broderie qui rendirent leur inventeur si célèbre, mais aussi : des ciseaux à broder ; des fils autant pour la couture, la broderie, la dentelle que la maroquinerie ; un large éventail de kitss de point de croix et de broderie ; des aiguilles et épingles ; rubans et dentelles ; des boîtes à couture garnies et prêtes à l’emploi ainsi que ne nombreuses boîtes de rangement ; des rééditions de petits objets de couture tout en bois ; de la papèterie et idées de cadeaux dans l’esprit de la marque ; une mercerie miniature ; des tissus et des rubans…

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La maison exporte aujourd’hui dans quelques 19 pays à l’international et une collaboration unique a même permis la création d’une ligne de t-shirts et sweat-shirts avec la marque japonaise Uniqlo !

L'équipe de la boutique Sajou Paris
Frédérique Crestin-Billet (au centre) ; Marie-Pascale (à gauche) et Katia (à droite) de Sajou Paris !

Enfin, à la boutique Sajou Paris au 47, rue du Caire dans le Sentier (2e), de nombreux cours de broderie, tricot et des ateliers sont donnés régulièrement !

Sajou fait partie de notre réseau Le Deux Quatre, alors n’hésitez pas à rendre visite à Marie-Pascale et Katia, qui se feront une joie de vous y recevoir !

🙂

Pour plus d’information :

http://www.sajou.fr

https://www.facebook.com/mercerie.sajou.paris.fr/

La maison Sajou : déjà dix ans de résurrection de la broderie française

Passages et galeries

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Quand montaient les longues angoisses de la nuit, ils rallongeaient la lumière du jour. Quand on craignait les intempéries, les voitures à chevaux, les malandrins, ils avaient le charme protecteur des jardins d’hivers.

Jérôme GARCIN

« Les premiers passages étaient nés sous la Révolution avec le passage Feydeau (1791 ; disparu) et le passage du Caire (1799 ; défiguré) ; la création de celui des Panoramas (1800) en avait provoqué la vogue, qui atteint son apogée sous la Restauration. Etablies sur d’anciens domaines nobles ou ecclésiastiques délaissés, ces voies de nouvelle catégorie, à l’abri des intempéries et des voitures (qui s’étaient multipliées sans que la voirie, déplorable, encombrée et mal éclairée, se fût améliorée), libérant les passants de la fange presque permanente des rues, offraient au commerce des emplacements privilégiés et incitaient les boutiquiers à développer et soigner l’étalage, offert à des passants d’autant plus disponibles que libérés des contraintes : c’est l’époque de la flânerie. En même temps, en matière foncière, le passage, objet d’intense spéculation, était un moyen de rentabiliser un terrain ne présentant qu’une étroite façade sur rue. Ainsi la formule architecturale se fixa-t-elle rapidement : dans une ordonnance dessinée et ornée, deux rangées de magasins surmontés de logements de boutiquiers, la voie étant protégée et éclairée par une verrière où l’architecture métallique, dans la lignée de la coupole de la Halle au blé, trouva une de ses premières applications. »

Georges POISSON, in Histoire de l’architecture à Paris, Bibliothèque historique de la Ville de Paris, 1997

Passage du Grand Cerf, rue Saint Denis
Passage du Grand Cerf, rue Saint Denis

En outre, vous connaissez bien maintenant le passage du Grand Cerf, bâti en 1825 et ouvert vers 1835 entre la rue Saint-Denis et la rue Dussoubs dans le quartier Montorgueil. C’est alors Chabrol qui est Préfet de la Seine sous Charles X (la fonction a été institué par Napoléon Ier en remplacement du prévôt des marchands, fonction subsistant depuis l’époque médiévale).

Il remplaça la maison de roulage du Grand Cerf, terminus des Messageries Royales, l’Hôtel appartenant à l’administration des Hospices. Toujours est-il qu’il fut revendu entièrement à Isidore Monier en 1826 avant d’être légué à l’Assistance Publique par ses héritiers en 1862.

Haut de 12 mètres (long de 113 m et large de 3 m), il figure parmi les plus imposants du paysage parisien.

Le Labo, passage du Grand Cerf
Le Labo, passage du Grand Cerf

De nombreux amis du Deux Quatre s’y loge, avec Le Labo bien sûr, mais aussi la créatrice de bijou Khara Tuki ou l’Illustre Boutique de sérigraphies… N’attendez pas avant de le découvrir !

De même, si vous souhaitez visiter le passage du Caire, profitez-en pour allez voir nos amies de chez Sajou, la mercerie au 47, rue du Caire !

Passages et galeries